Cette semaine. c'est AUTOMATIQUE
  Photomaton
On voulait faire un joli reportage sur les photomatons de Brest, mais notre space-caméra est encore en panne. Voici notre tout de même le pourquoi du comment, et notre récolte sur le net.

Historicomatique:

Le photomaton existe depuis 1889! Cette année-là un certain Mathew Stiffens dépose aux USA le brevet de sa machine à photographier automatique, alors qu'un appareil similaire est proposé par un M. Enjalbert à l'expo universelle de Paris. A l'époque, le résultat des poses est imprimé sur des plaques de métal (le papier-photo ne sera inventé qu'en 1898). Ces premières machines faisaient des "photos" pourries, tombaient tout le temps en panne, mais connurent un très grand succès public.
En 1925, Anatol Josepho, un photographe originaire de Sibérie, immigré aux États-Unis, dépose le brevet du premier vrai Photomaton, capable de produire huit portraits sur papier en huit minutes, et sans que les pièces de monnaie ne tombent dans le bain de révélateur. Génial! Il vend le brevet deux ans plus tard à un groupe d'investisseurs pour un bon gros million de dollars (et en 1927, avec un seul dollar, on pouvait acheter un tas de trucs, à en croire les vieux films).
La production devient industrielle: la compagnie propriétaire de Photomaton, qui s'appelle désormais Photo-Me, installe des tas de cabines aux USA, dans les lieux touristiques et les grandes villes. Se faire prendre en photo devient un loisir accessible. Dès 1928, elles font aussi un tabac dans les rues de Paris.

photo: Photo-me USA
Photomaton de 1947 (modèle 9 de la compagnie Photo-Me USA)
  Au cours de la deuxième guerre mondiale Photo-Me prend un essor véritablement international en vendant ses photomatons partout et à tous (visiblement, vraiment tous). Les GIs montrant fièrement le photomaton de leur petite amie sont autant de VRP pour la firme. La compagnie prend encore de l'ampleur dans les années 60, avec l'explosion des voyages et des loisirs : et oui, il vous faut une photo pour votre passeport, votre permis de conduire, votre carte de bus, de train, de piscine, de bowling, de télésiège, d'étudiant...
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Là, le photomaton devient une nécessité, une banalité, une évidence. Du pain bénit pour Andy Warhol, qui, après retraitement, élève nos petites bandes de 4 photos au rang d'art dès 1964. Ouf. La brèche est ouverte, des armées d'artistes rendront ensuite hommage à la machine magique.
Depuis quelques années (mais quand exactement, on ne sait plus), la technologie a un peu évolué: on ne se prend plus les 4 flashes dans la tronches. Non, on fait des moues devant la vidéo, et on appuie sur le bouton quand on estime qu'on ressemble assez à Tom Cruise ou Larusso. Après, on peut même choisir de poser dans le décor du Roi Lion ou celui de Tortues Nija III. Merci, ça manquait effectivement. Un des derniers modèles du géant américain Photo-Me a été conçu avec British Télécom et permet d'envoyer directement sa photo par e-mail à sa mamée. On attend avec impatience le photomaton 3D, avec au choix un hologramme ou un mako-moulage parlant à joindre à son CV en odorama.

Le plus beau site de photomaton : photomatisme
  Webomatique
Les sites officiels de Photo-Me USA et de Photomaton en France sont à chier. On vous recommande très chaudement Photomatisme, le site le plus beau et le plus riche, un bijou alliant photomaton et interactivité web. Egalement, deux sites en anglais dont nous avons allègrement pompé les infos, mais qui ont encore plein de choses à vous offrir: Photobooth et Wade's
Photobooth Galery. Et pour les passionnés, on a trouvé LE forum de discussion (en anglais) entièrement consacré aux photomatons.


Semaine du 15 au 21 octobre 2001 © spacecho.com 2001
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