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Voici d'ailleurs un petit quizz fort rafraîchissant sur les retraites...

C’était longtemps avant le Tramibus et Taxirade réunis. Avant la recivilisation des rivières et fleuves côtiers, avant le code de l’eau salée ou pas, mais propre et gratuite pour tous. Avant tellement de droits essentiels qui semblent tellement évidents par les temps qui courent…

Or jadis, en ce vieux monde, un gouvernement bizarrement élu, décida que les travailleurs devaient travailler plus, chaque jour, pendant plus de jours, pour gagner moins plus tard s’ils arrivaient à devenir vieux. Mais aussi, ils paieraient plus cher pour tout parce que l’état ne pouvait plus payer les fonctionnaires qui gaspillaient l’argent des contribuables et qui pompaient les retraites des pauvres ouvriers, qui déjà étaient obligés de mourir plus jeunes parce qu’ils ne pouvaient pas se payer une mutuelle avec leurs petits salaires…

Bref les entreprises libérales allaient s’attaquer au marché, embaucher les plus courageux, ceux qui voulaient réussir au prix de nombreux sacrifices tellement gratifiants qu’ils seraient fiers de trimer 70 heures par semaine, payées 40, et le reste en médailles pour avoir sauvé l’entreprise… Les autres, les paresseux qui n’avaient pas réussi à trouver et garder un emploi pendant les quarante, puis quarante cinq années de cotisations obligatoires à la Grande Caisse du célèbre Baron Gestionnaire-Actionnaire, les autres donc recevaient leur pension, payaient leurs impôts et taxes destinés à couvrir les salaires des ministres et restituaient 3% des sommes indûment perçues, pour chaque année sans revenu.

Par exemple, celui qui avait travaillé 25 ans percevait bien 1 000 euros par mois qui servaient d’assiette pour le calcul de ses taxes et redevances. Et comme il lui manquait 15 ans de cotisations, il reversait 15 X 3 % = 45 %. Il lui restait, après impôts [(1000 -100 = 900)]- 450 = 450 euros. On aurait traduit 2644 francs à l’époque, car l’ensemble de la population n’avait toujours pas adopté la monnaie fédérale européenne.

  L’affaire était faite, un semblant de blabla avec les syndicats, quelques exemples médiatiques des Vilains qui n’avaient pas su accepter le Compromis premier Emploi = SMIG envisageable après cinq années d’expérience, expérience requise pour postuler : cinq ans. Alors qu’il suffisait de 60 mois de bénévolat dans les associations caritatives de quartier pour obtenir un CE5 = Certificat d’exercice de 5 ans. Certains étaient même gratifiés d’un demi - smig pendant cette activité. Pour les plus diplômés on allait jusqu’au Smig lui-même ! Vraiment, comment faisaient ces gens pour ne pas obtenir un vrai job avant 30 ans? Comment faisaient-ils pour se faire licencier à 55 !

Mai, justement… le temps des cerises était revenu… (par ici la chanson...)

Ils se retrouvèrent un peu partout sur les berges de la Penfeld, rue de Saint-Malo, sur le plateau des Capucins, au jardin des Explorateurs. Tous les fruits rouges y passèrent. Les gariguettes vinrent même de Plougastel. Les Landernéens descendirent l’Elorn … Ceux de Plouzané longèrent le chemin côtier en passant devant le fort du Portzic. Ils trouvèrent que la grève, c’est le meilleur endroit pour se parler, réfléchir et s’organisèrent pour rester assis comme Gandhi, longtemps, longtemps. La permanence de la Compagnie de la Rade installa son siège à la Maison Blanche, grève de toutes les couleurs qui se mélangent.

Ils allèrent tous à la grève, et c’était bien car il était temps.

  Les Grévistes
Compagnie assise à la grève de la Maison Blanche
29 200 Brest-Rade
27 avril 2003