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Extraite
du livre d'Olivier Polard, "40 ans de Rock à
Brest", à paraître en 2005, voici l'histoire
tumultueuse du rock à Brest, dans tous ses états
et tous ses courants, de 1950 à 1990. Une histoire
de formations mythiques et de splits légendaires, de
blousons en cuir, de grattes électriques, de concerts
épiques, de sueur, de larmes et de boots pointues.
En exclu et en avant première, Pas de Scandale vous
offre les biographie des groupes qui ont marqué
nos jeunesses, celles de nos grands frêres (et soeurs),
et celles de nos parents, voire, de nos jeunes grands-parents.
Le
début de l'histoire, les salles de balloche, les concerts
avec sièges qui volent, Vince Taylor au Mac Orlan,
les grattes fabriquées avec des cables de bicyclettes,
c'est à venir, dans le livre! Infos sur http://www.lablanche.net

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LES MODERN KING
GODS
" Les Beatles du Ponant"
En 1964, Alain Le Goualch, Patrick Audouin et Jacky Thomas
ont 13 ans et découvrent les Beatles. Ils apprennent l'usage
de la guitare et font, en janvier 1965, leur premier concert
place Guérin. Jean-pierre Premel devient batteur et ils se font
connaître au lycée de Kérichen sous le nom des Albatross. C'est
à cette époque qu'ils se donnent les surnoms, toujours d'actualité,
de Creux, Niais et Blett.
En 1967, ils sont engagés dans l'orchestre de Raymond Blanchard
qui cherche à se faire une deuxième jeunesse grâce à des jeunes
branchés sur leur temps. Tout le monde y gagne : eux ne sont
pas encore majeurs, et ne peuvent donc se déplacer seuls et
puis les cachets sont mirobolants pour un jeune de 16 ans. L'orchestre
se baptise "Jacques Bruno et les Modern King Gods".

Ils sont au départ payés 70 francs par soirée, puis très vite 120
francs, étant donné le succès grandissant de l'orchestre. Les propositions
pour les faire tourner sont de plus en plus nombreuses et ils animent
les soirées dans toutes les salles de la région, de Brest à la Vendée.
En
février 1969, Jean Minche devient le nouveau chef d'orchestre
qui s'oriente franchement vers le rock, ne laissant finalement
qu'une place occasionnelle à l'accordéon. Ils jouent les tubes
anglo-saxons du moment, avec un penchant marqué pour les Beatles.
La formation tourne uniquement sous son nom et comporte alors
Michel Munoz (ex Jerrys) à la batterie, Francky Arnaud aux claviers
et Jean-pierre Leroy (ex Cratère). Excellents musiciens, ils créent
la surprise en jouant sur scène l'intégralité des deux faces de
l'album Abbey Road, quelques semaines à peine après sa sortie.
Lorsque Alain le Goualch part rejoindre les Welsons en avril 70,
il est remplacé par Dan Ar Bras (ex Jerrys lui aussi). Le groupe
est sans doute l'un des plus populaires à Brest à cette
époque. A la fin de l'année, ils participent au festival pop de
Loudéac, le Woodstock breton. Un article paraît dans Best relatant
les qualités des Gods.
C'est
à cette époque que Patrick Audouin, Jacky Thomas et Dan Ar Bras
commencent à accompagner Alan Stivell lorsqu'il passe en Bretagne,
à l'époque du premier album. Ils participent à nouveau au festival
de Loudéac en 1971. Le glas des bals rock ayant déjà sonné les
Gods cessent de jouer ensemble lorsque Patrick Audouin part au
service militaire. Chacun se concentre sur d'autres projets. Jacky
Thomas, Dan Ar Bras et le batteur Michel Santangeli continuent
à plein temps avec Stivell et sont responsables de la couleur
nettement plus rock opérée à partir 1972, réussissant le mélange,
rarement égalé depuis, des guitares saturées et des instruments
traditionnels. Ils montent parallèlement le Dan Ar Bras Trio.
Blett et Santangelli accompagnent également Jacques Higelin en
1977 (sur l'album Alertez Les Bébés).
En
1976, Patrick Audouin et Jacky Thomas se retrouvent au sein de Ripaille,
projet plus progressif, qui aboutit à la parution d'un album chez
CBS, produit par Yves De Courson. Le disque sort en mai 1978 et
donne lieu à un concert exceptionnel au Palais des Arts et de la
Culture organisé par Gérard Pons. Un deuxième album est enregistré
à Hérouville mais restera dans les tiroirs. En 1981, ils montent
Friandise avec Alain la Goualch, ainsi que Bernard le Dréau et Nobby
Clarck d'UB Time et Santangelli.
C'est un peu la renaissance des Gods, le groupe cherchant surtout
à se faire plaisir en jouant de vieux standards. Finalement, de
très nombreux concerts sont donnés partout en France, surtout en
cabaret, l'apothéose étant de jouer devant 380000 personnes place
de la Concorde pour la fête de la musique en 1985. Un albums et
quelques 45 tours témoignent de l'aventure formidable, et inopinée,
de cette équipe de vétérans.
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© 2004 Olivier
Polard |
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