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Au cours de ses promenades, Frenic récolte des images et papote avec les gens.
Les photos sont en bas de la page.


Le garçon s'appelle Rija Randrianasolo. Ce doux prénom très exotique, et surtout imprononçable du premier coup, vient de l'île de Madagascar. Rija vient d'atteindre l'âge fatidique de 30 ans, un âge qui représente pour lui la fin d'une époque d'hésitations, de fausses pistes et de belles rencontres… à présent il veut passer aux "choses sérieuses" !

Son activité professionnelle principale s'effectue dans les sémaphores, comme guetteur sémaphorique depuis 1999. Mais pour la majorité des gens, il est photographe. On l'a beaucoup croisé dans le coin de la rue de Saint Malo notamment. C'est la vie de photographe qui prend peu à peu le dessus sur celle de sémaphoriste; aussi, il envisage de s'y consacrer peut-être un jour totalement et, pourquoi pas, d'en vivre. En attendant cette échéance, il travaille à un projet photo sur les villes ports : Brest, Saint-Nazaire, Marseille et d'autres encore. Rija réalise ainsi un documentaire social qui met en relief la relation entre le citadin et les infrastructures portuaires, symbole de voyage, d'échange et d'ouverture sur l'océan et le monde. Le projet s'étendra à d'autres ports étrangers. Les ports méditerranéens comme Le Caire, et l'idée de pousser jusqu'au port de Diego Suarez, à Madagascar, l'intéresse… mais tout cela nécessite évidemment des subventions.

En sortant de l'école de guetteur sémaphorique de Saint Mandrier (près de Toulon), il demande à travailler en Bretagne, région inconnue pour lui jusqu'alors. Il se retrouve alors au sémaphore du Toulinguet, à Camaret-sur-mer. Aimant la ville, il décide, malgré la distance, de s'installer à Brest.

"La première fois que j'ai posé le pied en ville - c'était un dimanche de décembre 99 - je me suis retrouvé nez à nez avec l'architecture de la reconstruction. La bruine, le ciel couvert et le cri des goélands ajoutaient une touche lugubre au tableau. Ca m'a fait froid dans le dos ! Comme je ne voulais pas m'arrêter à cette première impression je me suis tourné vers les gens, et c'est là que j'ai pu apprécier la particularité de la vie brestoise : une ville ouverte sur la mer, peuplée principalement d'ouvriers et de militaires et qui demeure toutefois très dynamique et prolifique dans sa vie culturelle."

Telle qu'elle est, elle me plaît. Elle me fait de l'effet. Voilà Brest, quoi…
N'hésitez pas à aller voir, en ce moment son exposition sur le port de Brest au Patronage laïc du Pilier rouge. Son petit conseil pour les futurs brestois, c'est d'éviter ce qu'il appelle les "attrapes nigauds" touristiques et plutôt se plonger corps et âme dans le "Brest by night" à pied, sans plan ni parapluie, puis faire une halte dans un bar de St Martin. Et si le centre ville devient insupportable, ne pas hésiter alors à aller rue St Malo pour découvrir un autre Brest!

" Pour ma part, mon coin préféré se trouve en dehors de Brest, au Relecq-Kerhuon : je vais souvent sur la grève pendant les grandes marées pour me promener sous le grand pont de l'Elorn. Les pins maritimes y sont magnifiques ; cela donne un petit air de Sud là-bas."

Pour être heureux en 2004, il décide tout bêtement d'arrêter de fumer!
" Ben oui, c'est vachement important, car comme cela je n'aurais plus l'impression de faire partie des futurs cancéreux qui creusent le déficit de la Sécu, et en plus je ferai de grosses économies (1500 euros par an !!) qui vont sûrement me permettre de payer mon voyage à Madagascar ! "
Voilà, il l'a dit et ça lui fait du bien, mais pour l'instant il fume encore, comme mon amie Gwen…

 

Quand on tente de comprendre les sœurs Riou, on ne comprend rien ; perdus et amusés face à ces deux là. Ouessantines exceptionnelles, formant un couple fusionnel et étrange, elles sont proches en age, brunes, différentes et si complémentaires. Leur enfance merveilleuse en Nouvelle Calédonie est leur age d’or ; marquées pour toujours par le soleil et le bleu turquoise même si les années 80 furent politiquement mouvementées là-bas. Attention vous entrez dans la quatrième dimension…l’abri anti-atomique familial de la " villa Berthe ", top-secret brestois.

Muriel l’aînée est la plus exubérante, la plus extravertie et la plus volubile des deux. Elle est connue comme le loup blanc, tout le monde se retourne sur elle dans la rue, et oui, on l’aime : présentatrice de l’agenda "Pas de scandale" sur la télévision générale brestoise (TGB), on l’a vu aussi dans la bande-annonce du dernier festival du film court de Brest en espagnole, échevelée et frou-frou, Claudia Cardinale, peut-être. Naturellement comédienne à la ville comme sur les planches, elle a enchaîné l’école d’acrobatie de Nanterre et la route du spectacle. La maline fut contorsionniste et trapéziste grand volant ; elle a suivi très longtemps la troupe de Loti mais il faut savoir fuir et revenir ou tuer le père pour essayer de devenir enfin soi-même. Elle a accumulé les expériences routardes : périple en Italie pendant le carnaval de Venise, départ et parcours en roulotte dans le Sud-Ouest, vers Toulouse et théâtre de rues : tout cela est parfait pour éviter de s'encroûter et de ressasser mais il faut quand même aimer le camping.

Ce qui n’est pas le cas de Nathalie, qui n’aime pas les trucs "roots ",. Elle est plus réservée, elle est casanière, elle aime les chats, elle sculpte des nichoirs pour pigeons conceptuels et dessine également (veuillez trouver quelques-uns uns de ces mignons croquis plus bas dans cette rubrique, ouh c’est beau !). Elle écrit de bons poèmes publiés aux éditions de la Montgolfières (autoproduction) et sur quelques sites Internet. Elle donne une grande importance aux rencontres, ce qui explique son attente brestoise dans le monde de l’école d’art. Ecole qui a malheureusement failli lui faire passer le goût de la musique et la bloquer. Pourtant enfant mélomane et précoce : premier concert en troisième devant maman et trente personnes avec une reprise d’Imagine. Elle monte ensuite son groupe à 16 ans au lycée : Dikaïron (c’est du grec mais c’est peut-être aussi de l’anglais de mauvais goût, il faut vraiment se méfier…) une espèce de synthèse entre les Cranberries et les Cocteau Twins. Guitariste et chanteuse, elle fut star locale comme sa grande sœur il y a quelques années au bar " Chez Arnold " ; ambiance cabaret… influencée par la musique américaine des années 70, Nick Drake et d’autres, nous attendons donc avec impatience son grand retour ; car tout est prêt... content de vous voir enfin.

 

ici, on peut cliquer pour voir + grand."On ne trouve pas la paix en fuyant la vie" dixit Virginia Woolf à son mari Léonard dans le film "the Hours". Cette formule semble particulièrement adaptée à Marianne Amate en ce moment. Marianne que vous pouvez encore croiser pendant quelques semaines à la librairie Dialogues (elle est une compétente libraire au rayon sciences humaines) cherche à se plonger corps et âme dans l'existence ; elle a cette sensation de devoir balayer son intérieur, de devoir faire sa révolution interne. "Kill the cop within yourself" disait une vieille formule. Elle a suivi une formation de lettres classiques (latin-grec) qui l'a menée jusqu'à une thèse inachevée (qu'elle appelle son "bel échec") sur la représentation du sport dans le théâtre grec antique. Le thème du corps l'intéresse toujours : comment se placer ici ou là, être sur scène, face au public sans doute aussi, puisque Marianne est passionnée de musiques actuelles : bénévole active de l'association Rapass qui gère la salle de concerts du Run Ar Puns à Chateaulin. Elle suit l'actualité musicale de la région avec gourmandise et écume les concerts de Rennes à Nantes avec ses potes.

ici, on ne peut pas cliquer.En 2003, un voyage à Cuba la transforme radicalement et l'oblige à remettre en question toute son existence et ses propres motivations. Alors les projets pour 2004 sont flous et marqués d'un désir rebelle ; prendre son temps, quitter le boulot et ses routines, quitter Brest, trouver quelque endroit inconnu (Belize, par exemple, juste en face de Cuba sous le Mexique, vous connaissez ? moi non), faire des stages en région hispanophone, se mettre en question, rencontrer d'autres cultures où le corps justement serait plus respecté, un corps plus heureux et un équilibre entre la médiocrité et l'excellence.

Etant donnée la taille du monde et sachant qu'il y a tellement de gens et des lieux à voir, de choses à faire : rien ne la retient plus. La révolte de Marianne prend plusieurs formes ; elle a été à l'origine du collectif Ras-le-bol qui a récolté des télés pendant l'été pour mener sa lutte contre l'abrutissement, la culture à 2 francs et puis il faudrait que chacun exerce son esprit critique pour éviter de s'enfermer dans un truc tout fait, cette facilité qu'elle résume comme une "insoutenable légereté de l'être", reprise punk du titre de Kundéra. Soyons certains que les livres suivront toujours Marianne au soleil.


ici non plus Voici une jolie rencontre avec Sébastien Durand et Laetitia Mentec, respectivement ami de l'un et de l'autre, et vice-versa. Sébastien Durand quand on le croise on se dit qu'on l'a déjà vu quelque part et il y a toutes les chances que vous l'ayez effectivement croisé, ici ou là, dans ce qu'il est convenu d'appeler le "microcosme culturel" ou encore le "landerneau du théâtre et de l'image". Tout s'explique car ce dernier cumule les casquettes. Il est à la fois photographe de théâtre, vidéaste, cinéaste ; sans doute préfère-t-il le terme de réalisateur qui donne l'impression d'une plus grande maitrise - c'est donc celui que nous garderons. Ajoutons qu'il joue à l'acteur pour aider les amis. Il est, parait-il, très bon dans le rôle d'un révolutionnaire dans La Mère donné par la compagnie Les Filles de la Pluie (pour les dates, voyez l'agenda). Mais là où il est le meilleur, c'est à la cuisine quand il concocte un plat sucré-salé de sa composition ou lorsqu'il déclare péremptoire et gourmand : "J'aime le pâté de tête !!". Pour 2004, il veut concrétiser ses projets et se lever encore plus tôt pour voir la rue Jean-Jaurès vide de brestois. Il est parfait ce garçon.

Laetitia quant à elle, est comédienne. C'est son activité principale et son but, une passion, quoi... Elle vient très sérieusement de créer sa propre compagnie de théâtre, Léontine, qui devrait lui permettre dans un premier temps de mener à bien des projets solo de monologues à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Alors, on souhaite réussite à Léontine. Et comme une passion ne va jamais seule, sachez également que Laetitia est une habituée du marché St Martin où elle déniche des tas de trucs, notamment des tissus multicolores qui lui servent à confectionner des petits chapeaux, type cloche, très tendance. Je suis moi-même client, pour 15 euros il ne faut pas se priver (prix à discuter).

 

Christian Esculier, venu de Limoges par des chemins détournés et passé par la région parisienne, s'est retrouvé à Brest par hasard. Le charmant jeune homme a 30 ans et un beau sourire (pour les rendez-vous, écrivez à la rédaction). Il se définit lui-même comme un chercheur d'émotions. Arrivé dans le but d'accompagner un voyage maritime en faisant de l'image (le bougre a fait l'école de photo "Image ouverte" dans le sud), il se retrouve à quai mais reste passionné de photographie. Aujourd'hui il essaye de cumuler les plaisirs, de mêler tourisme et photographie, géographie et image, ce qu'il appelle la "géophotographie", sujet qu'il souhaite approfondir à la fac de Brest l'an prochain. Il continue de profiter de la beauté quotidienne et souhaite ouvrir les mains sur ce qu'il appelle poétiquement "l'infraordinaire". Toutes ces petites choses que l'on ne voit plus et encore une : le conseil-secret de Christian, le choix de petits pains de la boulangerie parisienne à côté de la Banque de France le dimanche matin.

 


Gwendal Le Mercier est un copain d'Erwan que l'on a déja rencontré. Après un BTS design qui le destinait au "rough" (dessin réaliste en situation de projets d'objets) il entre aux Beaux-arts de Brest et laisse libre court à ses envies de dessin autour des thèmes qu'il adore : le symbolisme, les mythologies, les influences préraphaélites, les débuts de l'industrie et l'art nouveau et tout ce que le XIXe siècle a su faire de tordu et décadent. C'est le Bonheur en 2003 car les projets BD se succèdent avec les premiers vrais contrats : avec deux boites d'édition connues, Delcour et Soleil. Il travaille avec Guillaume Sorel qui l'initie et lui apprend encore des choses. A Brest qu'il aime, il trouve des paysages et des ambiances "sauvages" en adéquation avec son univers intérieur, et surtout il y a les Violons dingues (association, fanzine, expos, rencontres avec des auteurs de BD, site Inernet ?...), ce groupe, ce collectif de passionnés de dessin, son émulation qui lui plait. C'est aussi un coin tranquille pour se retrouver au retour de repérages photographiques à Lyon, en Corse, en Italie. Des photos de sculptures et de lieux qui serviront plus tard aux décors d'une bande-dessinée, c'est pas beau ça ?

Sorties : Septembre - BD - les carnets de l'Ankou - Soleil
Livres illustrés - L'Alchimie avec Nicolas Hervoches - A.K éditions
Godiva (5 univers dans 1 carnet de croquis) - A.K éditions.


"Erwan Le Bot, si je ne me trompe pas, a fait l'école de BD d'Angoulême. De son passage la-bas, il a gardé un groupe de potes sympas passionnés de BD que l'on peut croiser à Brest et surtout un bon coup de crayon. Il a réalisé l'an dernier un joli livre de dessins "Arrêts sur Brest" qui reprend des croquis de paysages brestois, vus du bus. Vues des arrêts de bus dans des cadrages dépouillés, dessin mixte de ligne claire et de croquis, qui évoquent aussi bien la photographie documentaire que le dessin." On peut acheter Arrêt sur Brest dans les bonnes librairies brestoises, et sur la boutique en ligne de Bibus http://www.bibus.fr/boutique/, pour la modique somme de 12,50€.



"Voici le photographe Jean Hervoche, qui expose une série rétrospective intitulée l'Ouest et sa lumière, jusqu'au 30 avril à la Maison de la Fontaine. Photographe classique, il réalise ses clichés de paysages en noir et blanc. Il a visité de nombreuses régions : Ecosse, Irlande, Islande, Portugal et Bretagne. Il dit aimer Brest où il passe régulièrement pour réaliser des images. Depuis longtemps il parcourt ces lieux de fins de terre, toujours attentif aux lumières qu'il veut capter et retranscrire avec sincérité et fidélité grace à la photo noir et blanc. En octobre ou Novembre 2003 sortira un livre, intinéraire intimiste, consacré à l'Irlande."Du lundi au samedi, de 14h30 à 17h30, 18 rue de l'église à brest, Rens. au service culture de la mairie : 02 98 00 88 51.


(de Frenic)
Des fois,
il n'y a qu'une photo:

Des fois deux...

Des fois,
il n'y a en a des tas.